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Conduite et aptitude |
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et médecin agréé samedi
8 octobre 2005 http://www.chs-savoie.fr/Default.htm Programme
Bibliographie
Les Ateliers d´Arcachon : Dr. Alain Trébucq Que faire face à un patient somnolent, notamment dans le cadre d´un syndrome des apnées du sommeil (SAS) ? Telle était la question particulièrement épineuse posée lors d´un
atelier animé par le Dr Frija-Orvoen (Hôtel-Dieu, Paris) et Maïalen Contis, docteur en droit, consultante juridique auprès du conseil départemental
de l´Ordre des Médecins de Haute-Garonne, dans le cadre des derniers Ateliers d´Arcachon (juin 2003).
Le Dr Frija-Orvoen a rappelé que les sujets apnéiques avaient un risque
de somnolence au volant multiplié par sept (étude de Findley, 1988) ce qui explique largement leur surexposition au risque d´accidents liés à la
somnolence, parfaitement démontré par l´étude de Aldrich en 1989. Si ce risque d´endormissement au volant chez un patient atteint de SAOS représente
un risque majeur de santé publique et doit être activement recherché, les autorités de tutelle semblent encore l´ignorer.
L´arrêté du 7 mai 1997 est parfaitement clair : « les pathologies
du sommeil et troubles de la vigilance sont une contre-indication à la conduite des véhicules ». Les pathologies concernées sont la
narcolepsie, le SAS, l´hypersomnolence idiopathique ; ces pathologies sont source théorique d´inaptitude totale à la conduite de véhicules lourds
(les conducteurs professionnels sont soumis à une visite médicale régulière ; il leur appartient de déclarer leur pathologie), d´inaptitude
partielle à la conduite des véhicules légers. Mais cela étant dit, on n´est pas bien avancé compte tenu de la loi sur les droits des malades,
laquelle prévoit qu´il appartient au médecin d´apporter la preuve qu´il a informé son patient (preuve par tous moyens…mais lequel ?!), patient
par ailleurs protégé par le secret médical. Autrement dit, rien n´interdit à un conducteur somnolent qui le désire de prendre le volant de son
autocar ou de son semi-remorque ! La judiciarisation de l´activité médicale conduit le médecin à s´entourer
d´un luxe de précautions, entre enclume et marteau. L´information du patient sur son état de santé et les risques liés
dans son cas à la conduite : apporter la preuve qu´un patient a eu entre les mains un document informatif (copie signée dudit document) n´est pas
une preuve suffisante, le juge pouvant considérer qu´un document pré-établi ne tient pas compte du niveau de compréhension du patient et ne
prouve pas que le document ait été lu ; au plus, ce document sera un indice et c´est finalement l´accumulation d´indices de la sorte qui peut témoigner
de la bonne foi du médecin. C´est dire l´importance de garder une preuve des consultations (consigner un maximum de faits dans le dossier médical
: interrogatoire du patient et de ses proches, échelle d´Epworth, tests itératifs des latences d´endormissement, Osler test…), une copie des
courriers adressés, avec l´accord du patient, au médecin traitant… « Si procès il y a, il faudra convaincre le juge que le patient a bien été
informé de son état de santé et des risques liés dans son cas à la conduite, sans que pour autant il existe de preuve absolue ; ce n´est qu´une
accumulation d´indices qui pourra permettre au juge d´être convaincu de la bonne foi du médecin » conclue Maïalen Contis devant un parterre
de médecins à l´évidence surpris que la signature apposée sur un document informatif ne soit pas la preuve irréfutable de ce devoir d´information
qui leur incombe ! Et le risque de procès ne doit pas être minimisé quand on sait (étude de Baltazan) que sur 119 conducteurs avec SAS et
hypersomnolents, plus du tiers conduit malgré la somnolence et que seulement 2% ont modifié leurs habitudes ! « Toute personne a le droit d´être informée sur son état de santé
» (Art. L. 1111-2 CSP) Sur quoi porte l´information ? « Cette information porte sur les différentes
investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents
ou graves normalement prévisibles qu´ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de
refus. Lorsque, postérieurement à l´exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la
personne concernée doit en être informée, sauf en cas d´impossibilité de la retrouver. » (Art. L. 1111-2 CSP) Une fois la somnolence évaluée, et le cas échéant traitée, une fois l´information
du patient faite, insistant sur le risque accidentel encouru pour lui-même et les tiers, force est de reconnaître l´impossibilité faite au médecin
d´agir davantage. Secret médical oblige ! Quelques rappels sur l´obligation au secret médical (Article L. 1110-4 du Code de la santé publique) : Face au secret médical, l´article 226-13 du Code pénal est clair :
Coincé entre son obligation de ne pas enfreindre le secret médical et
son devoir moral de ne pas faire courir de risques à des tiers, que peut faire le médecin, notamment en cas de refus du traitement par le patient ?
Si on choisit d´enfreindre le secret, qui peut-on informer ? Le médecin du travail pour un pilote de ligne ou un conducteur de véhicule lourd, le médecin
de la commission du permis de conduire pour les conducteurs de véhicules légers, le médecin traitant, le préfet ? En cas de refus de soins, « le médecin doit respecter la volonté de
la personne après l´avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d´interrompre un traitement met sa
vie en danger, le médecin doit tout mettre en oeuvre pour la convaincre d´accepter les soins indispensables. » (Art. L. 1111-4 al. 2 CSP). Aucune réponse satisfaisante n´existe donc en l´état actuel des lois.
Très clairement, un texte de loi devrait permettre au médecin de prévenir les autorités compétentes si un conducteur somnolent, par son
comportement, et notamment par un refus de soins, met en danger la vie d´autrui. A bon législateur, salut ! Pour plus d´informations sur ces Ateliers d´Arcachon, cycle d´enseignement post-universitaire à la prise en charge des
troubles respiratoires du sommeil, se rendre sur Egora.fr, espace « communautés » ou demander des renseignements
auprès de maud.sapene@egora.fr article paru sur EGORA le 03 juillet 2003
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