Thomas E, Blotman F,
Service de rhumatologie, Hôpital Lapeyronie,
34295 Montpellier Cedex 5
La fibromyalgie représente probablement 10% des nouveaux
diagnostics en consultation de rhumatologie. L'existence de l'affection a été
et reste discutée, mais la pratique quotidienne prouve sa réalité clinique.
Les patientes, puisqu'il s'agit de femmes dans 80% des cas, rapportent des
symptômes stéréotypés mais diversement associés tels que troubles du
sommeil, asthénie, douleurs diffuses, céphalées de tension, anxiété... Les
formes de l'homme, plus rares, seraient plus graves. L'examen clinique confirme
le diagnostic par la présence de points douloureux spécifiques à la
palpation des insertions ténopériostées. La fibromyalgie, dans sa forme
primitive, est d'étiologie inconnue. Plusieurs hypothèses physiopathogéniques
coexistent : facteurs génétiques, troubles du sommeil, stress, facteurs
psychologiques, dysfonction des mécanismes centraux de contrôle de la douleur,
anomalies musculaires, facteurs traumatiques...
La démarche clinique doit être rigoureuse pour écarter les autres affections
pouvant prendre le masque d'une fibromyalgie (rhumatismes inflammatoires et
connectivites, dysthyroïdie, affections musculaires, infections virales). De
nouvelles entités doivent être aussi bien connues, car elles peuvent avoir
une présentation trompeuse, comme la myofasciite à macrophages. A noter
l'ambiguïté des critères ACR qui entretient actuellement une regrettable
confusion entre d'une part, les véritables fibromyalgies secondaires se
greffant sur une affection préexistante (par exemple, développement d'un
syndrome fibromyalgique au cours de l'évolution d'une polyarthrite rhumatoïde
ancienne), et d'autre part les diagnostics différentiels de la fibromyalgie.
Malgré la bénignité de l'affection, le handicap
socioprofessionnel peut être important. Les problèmes les plus importants
concernent, en effet, la prise en charge, car il n'existe pas aujourd'hui de
traitement spécifique de la fibromyalgie. L'association antidépresseurs sérotoninergiques,
physiothérapie, kinébalnéothérapie et relaxation paraît donner les
meilleurs résultats, mais n'influence pas l'évolution qui est faite de phases
d'aggravation et d'amélioration apparente. Des perspectives thérapeutiques intéressantes
pourraient être apportées par les antagonistes du récepteur 5-HT3 de la sérotonine
(famille des Setrons), mais leur tolérance digestive paraît limitée.
Les Associations de malades oeuvrent depuis plusieurs années pour la
reconnaissance
de la fibromyalgie et ont un rôle important de soutien pour les patientes et
leur entourage. Le diagnostic de fibromyalgie est déjà un progrès, permettant
d'arrêter les explorations et d'expliquer la pathologie. C'est le premier
temps de la prise en charge.
Ces différents points sont repris en détail dans ce dossier thématique :
Eisinger et coll. précisent les hypothèses physiopathologiques récentes, O.
Mejjad rappelle comment faire le diagnostic et nous envisagerons les éléments
importants de la prise en charge.
n°51 - Tome 6 - septembre 2002 - Réflexions
rhumatologiques : 6
retour
J. EISINGER, E. MARSAN, K. MECHTOUF, H.
ZAKARIAN
service
de rhumatologie, Centre Hospitalier Intercommunal, Toulon
P. ROUSSEL
service de neurochirurgie fonctionnelle, centre de la douleur chronique,
Centre Hospitalier La Timone. Marseille
résumé
L'approche de la fibromyalgie est rendue délicate du fait d'une
symptomatologie imprécise, d'anomalies biologiques difficiles à mettre en évidence
et de nombreuses hypothèses physiopathologiques souvent contradictoires.
Les mécanismes évoqués sont centraux, impliquant les neurotransmetteurs et
dysfonctionnements neuroendocriniens, ou périphériques, concernant la
microcirculation et le métabolisme énergétique.
La prise en charge thérapeutique se fera en fonction de sous-groupes définis
par diverses explorations. Les auteurs passent en revue les étiologies évoquées
et proposent un schéma physiopathologique global.
mots-clés
Fibromyalgie, pathogénie, étiologie, douleur chronique
La fibromyalgie (FM) peut être définie comme l'association de douleurs
musculaires spontanées, diffuses, durables et non expliquées, et d'une
allodynie mécanique révélée par l'existence d'au moins 11 points sensibles
à la pression sur les 18 d'une cartographie spécifique ou par algotensiométrie
[1].
Le diagnostic de la FM est rendu difficile du fait de nombreuses pathologies qui
lui ressemblent ou cohabitent avec elle, qu'elles soient fonctionnelles
(syndrome de fatigue chronique, spasmophilie, syndromes de sevrage ou
d'irritabilité du colon et de la vessie, syndromes de sensibilités multiples,
migraines...), organiques (polyarthrite rhumatoïde, syndrome de Gougerot, lupus
érythémateux diffus, hypothyroïdie, syndrome de Raynaud...) ou locorégionales
biomécaniques (syndromes myofasciaux. dysfonctionnement
temporomandibulaire...).
Hypothèses
Ces difficultés diagnostiques et l'existence de sous-groupes encore mal
identifiés expliquent le nombre important d'hypothèses étiopathogéniques
[1-2-3].
Les anomalies immunitaires signalées au cours des FM impliquent les anticorps
anti-muscles et anti-sérotonine (mais pas les anticorps anti-ADN), les cellules
NK, le rapport CD4/CD8 et certains dépôts d'immunoglobulines ; un lien entre
l'administration de substances immunomodulatrices telles que les interleukines
et l'apparition de FM est probable. Toutefois, l'hypothèse immunitaire de cette
affection ne semble pas retenue.
Dans le même ordre d'idées, en dépit de la fréquente association d'une FM
avec le SIDA (10%), la poliomyélite (11%) ou l'hépatite C (16%), les hypothèses
microbiennes, virales ou parasitaires ne paraissent pas confirmées. Il est à
noter qu'un traitement antibiotique administré aux FM survenues après maladie
de Lyme est sans effet sur la symptomatologie.
Divers traitements sont mis en cause, notamment les chimiothérapies et peut-être
les bêtabloquants. Les implants de silicone et certaines intoxications
(hydrocarbures, mercure, ...) sont incriminés dans des publications
contradictoires.
Les traumatismes, les sévices subits pendant l'enfance, le stress et les
conditions de travail (les hommes qui ont un travail posté sont plus souvent
atteints de FM que les autres) peuvent induire une FM.
Si le facteur familial est certain (les filles et les sœurs de fibromyalgiques
souffrent plus fréquemment d'une FM que les autres), l'environnement hygiénodiététique
est également en cause :la FM est moins fréquente chez les sportifs mais
plus volontiers diagnostiquée chez les conjoints de fibromyalgiques. Rappelons
que de très nombreux facteurs (climat, ambiance sonore, exercice, nutrition)
sont susceptibles d'améliorer ou d'aggraver les symptômes des FM.
Même si un état dépressif survient fréquemment après l'apparition de la FM
chez des sujets sans antécédents psychiatriques et même si la plupart des
antidépresseurs sont inefficaces sur les douleurs (en dehors de l'amitriptyline), de nombreux arguments sont avancés pour faire des FM une
maladie psychiatrique avec un fort pourcentage d'antécédents personnels ou
familiaux de dépression (64%) et une coexistence avec un syndrome dépressif
dans près d'un tiers des cas. Les troubles du sommeil, qui représentent, avec
la fatigue, un élément majeur de la symptomatologie (sommeil non réparateur,
intrusions d'ondes alpha pendant le sommeil lent profond ou SLP) font l'objet
d'études expérimentales, démontrant l'apparition de fibromyalgies chez les
sujets privés de SLP. En fait, ces anomalies ne sont pas corrélées à la
douleur et il est démontré que le pourcentage de fibromyalgies est le même
chez les femmes présentant ou non des troubles du sommeil.
Mécanismes pathologiques centraux
De longue date, l'existence de troubles de l'humeur, du
sommeil et de la perception de la douleur privilégie l'hypothèse d'un
mécanisme
central, impliquant les neurotransmetteurs[2-3] et certains mécanismes
neuroendocriniens [4].
Si l'homéostasie de la douleur résulte de la balance entre l'activité du système
inhibiteur (antinociceptifs) et facilitateur (pronociceptifs), ces deux systèmes
sont dysfonctionnels dans la fibromyalgie :
-
perturbation du système inhibiteur tant au niveau périphérique
(réduction des récepteurs opioïdes périphériques), que central (dysfonction
du contrôle inhibiteur diffus nociceptif) ;
-
dysrégulation des systèmes facilitateurs, en particulier
centraux.
L'activation des récepteurs NMDA est à l'origine de
l'hyperalgésie et de l'allodynie. La complexité des mécanismes de la
douleur est confirmée par l'efficacité inconstante de la morphine, et surtout
celle des inhibiteurs NMDA, tels que la kétamine qui a fait la preuve de son
efficacité chez certains patients fibromyalgiques.
Les taux de nombreuses substances impliquées dans le contrôle
de la douleur (substance P ou SP, dynorphine A, calcitonine gene related
peptide, oxyde nitrique ou ses précurseurs, Nerve Growth Factor) s'avèrent
anormaux au cours des FM [2,3].
Les anomalies de la sérotonine (5HT) sérique et
plaquettaire ou des récepteurs à l'imipramine peuvent faire supposer un déficit
en 5HT. En fait, considérée depuis 10 ans comme la piste principale,
l'hypothèse sérotoninergique ne semble pas avoir fait progresser les résultats
thérapeutiques qu'elle a pu inspirer.
La diminution du neuropeptide Y, les perturbations des
tests à l'isuprel et de nombreuses explorations fonctionnelles s'inscrivent en
faveur d'anomalies du système adrénergique (hyporéactivité, sans doute
associée à une hypertonie nocturne).
La littérature fait état de nombreuses anomalies
endocriniennes [4]. Un déficit en somathormone (GH), significatif surtout chez
la femme, est vraisemblablement lié aux troubles du sommeil et de la sérotonine.
Le déficit en somatomédine C est plus discuté. Quoiqu'il en soit, cette
anomalie est responsable de l'absence de réparations des microlésions
musculaires et peut être considérée comme une piste thérapeutique des plus
intéressantes. Sont encore décrites une hyperprolactinémie, une diminution du
cortisol urinaire et des anomalies des réponses hypophysaires et surrénaliennes
lors de tests de stimulation. La thyroïde est franchement anormale dans 10% des
cas de FM, mais les tests dynamiques seraient perturbés chez près des 2/3 des
patients. La forte prédominance féminine et la recrudescence des FM après la
ménopause laissent supposer que les oestrogènes jouent un rôle complexe.
D'autres hormones sont également mises en cause, notamment la mélatonine, la
DHEA, l'ocytocine...
Mécanismes périphériques
La description de nombreuses anomalies du tissu conjonctif
résulte d'études biologiques (diminution de l'hydroxyproline dans les urines,
augmentation de l'acide hyaluronique dans le sérum...) ou histologiques (dégénérescence
des fibroblastes, collagène anormal...).
Par ailleurs, l'hypothèse d'une atteinte musculaire au
cours des fibromyalgies est basée sur quelques données cliniques simples : le
développement d'une fibromyalgie, à partir d'un syndrome myofascial local
qui va s'étendre rapidement, les anomalies algotensiométriques (douleur
musculaire locale excessive lors de la prise de tension) ou encore la
fatigabilité, la diminution de la force, de la résistance et de la capacité
de relaxation, et la modulation de toutes ces anomalies par des interventions
locorégionales sont en faveur d'une participation du muscle aux très nombreux
phénomènes physiopathologiques.
Les investigations paracliniques nécessitent des
techniques sophistiquées mais également un esprit de synthèse permettant de
distinguer les différentes formes cliniques de cette affection ; c'est ainsi
que les explorations RMN ont tour à tour été déclarées normales, puis
anormales mais non spécifiques et enfin anormales et spécifiques. En fait,
nous avons pu démontrer 2 types de perturbations, l'une fréquente touchant
la glycolyse, l'autre plus rare impliquant la chaîne respiratoire
mitochondriale [5] et observé dans près des 2/3 des cas.
D'autres explorations indirectes confirment l'existence d'anomalies périphériques, liées les unes aux autres et, si
l'électromyogramme
est souvent normal, la téléthermographie, la clairance au xénon ou les sondes
à oxygène et diverses explorations métaboliques sanguines montrent :
-
des troubles de la microcirculation, que l'on peut rapprocher d'un
déficit périphérique en NO (qui est un puissant vasodilatateur à
l'effort) ;
-
des perturbations de la production d'énergie : diminution de l'adénosine
triphosphate (ATP), anomalies de la glycolyse (touchant notamment le pyruvate)
ou, plus rarement, de la mitochondrie (intéressant en particulier le complexe
1) ;
-
des modifications du statut antioxydant avec notamment un déficit
en glutathion.
Toutes ces perturbations, causes ou conséquences, sont à
rapprocher de celles observées au cours de l'hypothyroïdie, de l'ischémie ou
de l'éthylisme chronique ; elles sont de toute façon liées au
désentraînement
et expliquent la sensibilité aux micro-traumatismes qui demeure un élément
fondamental dans la physiopathologie des FM.
Schéma physiopathologique global
L'interprétation de toutes ces données
physiopathologiques, parfois contradictoires, est délicate et peut expliquer
certaines hypothèses « négatives » (la FM « n'est pas une
maladie endocrinienne » et le muscle « est innocent ») [1-4].
Il semble toutefois que l'on puisse envisager un schéma physiopathologique
global (Figure 1).

Les FM surviennent sur un terrain particulier et il est
probable que des anomalies enzymatiques, responsables de perturbations métaboliques
ou neurohormonales, puissent être considérées comme des facteurs prédisposants
que les fibromyalgiques partagent vraisemblablement avec certains malades
atteints de syndrome dépressif majeur. Les facteurs déclenchants peuvent être
traumatiques, infectieux ou psychologiques ; ils sont le plus souvent distincts
des facteurs pérennisants, centraux et périphériques.
En pratique, les nombreux schémas physiopathologiques décrits
au cours des FM plaident en faveur de l'existence de sous-groupes dont les
investigations et la prise en charge doivent être différentes. Il est admis,
depuis de nombreuses années [6], que le bilan biologique doit, dans un premier
temps, éliminer toute affection inflammatoire, dysimmunitaire, infectieuse,
endocrinienne ou métabolique susceptible de présenter un tableau de myalgies
diffuses ; par la suite, certains dosages relativement simples (TSH, pyruvicémie,
GH...) ou plus sophistiqués (statut antioxydant et vitaminique,
neurotransmetteurs...), de même que certaines explorations usuelles (électromyogramme,
réflexogramme...) ou très spécialisées (RMN spectroscopique, biopsie
musculaire...) peuvent être envisagés dans le cadre de recherches thérapeutiques
ou de difficultés diagnostiques. La prise en charge médicamenteuse tiendra
compte des résultats de ces investigations en orientant le traitement vers une
approche centrale (antidépresseurs, modulation de l'activité sympathique, thérapeutiques
hormonales, 5HT3-bloquants, substances anti-NMDA ...) ou périphérique
(vitamines B, C ou E, phosphates énergétiques, thiols, magnésium...). Le
traitement non médicamenteux (réadaptation à l'effort, physiothérapie,
acupuncture, sophrologie...), probablement le plus important, est indiqué, à
quelques nuances près, quel que soit le sous-groupe envisagé.
Références
- Eisinger
l. Fibromyalgie : non-entité ou agent double ? Rev Med Int 2001;22:809-811.
- Russell
IJ. Neurochemical pathogenesis of fibromyalgia syndrome. J Musculoskel Pain
1996;4:61-92.
- Houvenagel
E. La fibromyalgie : Concepts pathogéniques. Rev Rhum 1993; 60 : 223-228.
- Schlienger
JL, Perrin AE, Grunenberger F, Goichot S. Anomalies endocriniennes et
fibromyalgie. Ann Endocrinol 2001; 62:542-548
- Eisinger
J, Dupond JL, Cozzone PJ. Anomalies de la glycolyse au cours des
fibromyalgies : Étude biologique et thérapeutique. Lyon Med
1996;32:2180-2181.
- Zakarian
H, Eisinger J. Les fibromyalgies primitives. Gazette Médicale 1989
;96:29-32.
N°51 - Tome 6 - septembre 2002 - Réflexions
rhumatologiques : 7-9
retour
OTHMANE MEJJAD
Service de Rhumatologie, CHU de Rouen, Hôpitaux de Rouen
résumé
La fibromyalgie apparaît comme un syndrome associant
des douleurs chroniques, des points douloureux précis appelés points de Yunus
et une symptomatologie riche associant notamment syndrome dépressif, anxiété,
hyperémotivité, troubles du sommeil, céphalées et arthromyalgies. L'examen
physique et les examens complémentaires restent normaux. Le syndrome de fatigue
chronique et les douleurs myofasciales constituent des tableaux apparentés
souvent rapprochés de la fibromyalgie.
Les symptômes de la fibromyalgie étant communs à
plusieurs pathologies, un diagnostic de fibromyalgie primitive ne peut être
retenu qu'après avoir en particulier recherché un rhumatisme inflammatoire,
une myopathie ou une polymyosite, une dysthyroïdie, ou un trouble
psychiatrique.
mots-clés
Fibromyalgie, diagnostic, syndrome de fatigue chronique, douleurs myofasciales
La prévalence de la fibromyalgie, parfois dénommée
syndrome polyalgique idiopathique diffus [1] dans la population générale est
estimée entre 1% et 2%. La proportion de femmes est de 70% à 90%. L'âge
moyen au moment du diagnostic se situe le plus souvent entre 34 et 60 ans [2]
avec des cas décrits tant au cours de l'adolescence qu'en gériatrie. Aucun
lien génétique dans le système HLA n'est formellement établi.
Les critères de l'ACR 1990
> Critère 1: passé de douleurs diffuses
La douleur est considérée comme diffuse si elle satisfait
aux critères suivants : douleurs du côté droit et du côté gauche du corps,
de part et d'autre de la ceinture. De plus, des douleurs axiales doivent être
présentes (rachis cervical, dorsal ou lombaire, thorax antérieur). La
symptomatologie algique doit évoluer depuis au moins 3 mois.
> Critère 2 : douleur provoquée d'au moins 11 des
18 sites définis
Les 18 sites définis répondent à la liste suivante
(Figure 1)
-
occiput : en regard de l'insertion du muscle sous-occipital ;
bilatéral
-
cervical bas : en regard des apophyses transverses entre C5 et
C7
; bilatéral
-
trapèze : à la partie médiane du bord supérieur ; bilatéral
-
supra épineux : à la partie proximale du muscle supra épineux,
au-dessus de l'épine de l'omoplate, près de son bord médian ; bilatéral
-
2ème côte : à la jonction chondrocostale ; bilatéral
-
épicondyle : 2 cm en dessous de l'épicondyle ; bilatéral
-
fesse : quadrant supéro-externe de la fesse ; bilatéral
-
grand trochanter : en arrière de la protubérance trochantérienne
; bilatéral
-
genou : sur la face interne, en regard des condyles fémoraux ;
bilatéral
Les patients doivent satisfaire aux 2 critères pour que
puisse être porté le diagnostic de fibromyalgie. La présence d'une autre
pathologie n'exclut pas ce diagnostic. La sensibilité et la spécificité [3]
de ces critères atteignent respectivement 88,4% et 81,1%.
Les signes cliniques
> Douleur
Le symptôme majeur de la fibromyalgie est la douleur
chronique et diffuse. La symptomatologie algique peut apparaître initialement
comme localisée à un seul site, par exemple lombaire, cervical ou au niveau
des épaules, puis être plus diffuse [4]. La douleur est permanente, aggravée
par les efforts, mais aussi présente au repos. Elle est le plus souvent décrite
comme brûlante, épuisante, obsédante, irradiante, incessante, entrecoupée
de spasmes [5]. Les patients éprouvent généralement des difficultés à la
localiser de façon exacte : muscle, tendon, articulation ou zone
para-articulaire.
> Fatigue. Fatigabilité à l'effort
Une profonde fatigue est quasi constante. Quoique présente
dès le matin au réveil, accompagnée d'une sensation de raideur matinale, elle
est également marquée en milieu d'après-midi. S'y associe une fatigabilité
à l'effort qui survient parfois pour des efforts minimes et contraste avec les
activités accomplies antérieurement.
> Troubles du sommeil
La fréquence des troubles du sommeil atteint 60% à 80%.
Le sommeil, décrit comme de mauvaise qualité et non réparateur, est altéré
dans son architecture et dans sa continuité [6] : diminution de l'efficacité,
augmentation du nombre d'éveils et diminution du sommeil lent profond.
Certaines études montrent que la privation du sommeil lent
profond chez des sujets sains provoque des symptômes et une sensibilité
musculaire compatibles avec le diagnostic de fibromyalgie. Un syndrome d'apnées
du sommeil est parfois rapporté.
> Autres symptômes
Ces signes principaux peuvent s'accompagner d'un cortège
de symptômes divers et plus ou moins fréquents : colopathie fonctionnelle
(plus de 50% des cas), céphalées de tension ou vraies migraines (40% des cas),
plus rarement troubles circulatoires sous la forme d'un syndrome dé Raynaud;
palpitations accompagnant parfois l'anxiété, cystalgies à urines claires,
troubles de la mémoire et surtout de la concentration, éruption cutanée
parfois rapportée au stress, épisodes régressifs de troubles visuels,
troubles auditifs, vertiges, sensations de malaise, dysesthésies diffuses,
myalgies, arthralgies avec impression de gonflement des doigts, mouvements
myocloniques des membres inférieurs ou syndrome des jambes sans repos ...
> Dépression, anxiété et stress
Plusieurs auteurs considèrent la fibromyalgie comme une
maladie psychiatrique ou liée à des perturbations d'ordre psychologique.
En effet, en l'absence d'altération de l'état général et d'anomalie clinique
ou paraclinique objectivable, l'association des douleurs, de la fatigue et des
troubles du sommeil fait penser à une dépression « masquée ».
Environ 25% des malades présentent une dépression majeure
(DMS III) et 50% un antécédent du même type [7] fréquence nettement plus élevée
que dans les rhumatismes inflammatoires chroniques (moins de 10% dans la
polyarthrite rhumatoïde). Il faut encore noter que la prévalence du syndrome dépressif
est augmentée dans les familles des patients fibromyalgiques [8] et que
certains symptômes du syndrome polyalgique diffus répondent assez bien aux
antidépresseurs. II n'existe cependant aucun trouble de la personnalité, du
type obsessionnel ou compulsif.
En fait, la dépression apparaît comme l'un des symptômes
de la fibromyalgie, le plus souvent décrite comme réactionnelle à la
symptomatologie douloureuse et à l'invalidité [9] A cet élément dépressif
s'ajoutent souvent une anxiété, une irritabilité, une sensation de tension
interne ou une hyperémotivité.
> L'examen physique
La constante normalité de l'examen physique contraste
fortement avec les plaintes alléguées de douleur intense et d'incapacité
marquée
[10] L'examen articulaire ne trouve aucune synovite. L'examen général et
neurologique reste normal.
L'examen des points douloureux spécifiques doit être mené
de manière méthodique, en commençant par les points sousoccipitaux, de façon
bilatérale. L'examinateur doit comparer avec d'autres sites non retenus comme
points spécifiques, tels que le milieu de l'avant-bras ou de la cuisse, le
vertex ...
Les
examens complémentaires
Généralement normaux, les examens complémentaires visent
dans un premier temps à éliminer une autre cause. Dans une fibromyalgie
primitive ne s'accompagnant pas d'une autre pathologie, le bilan minimal
initial associe [8, 11] :
-
numération formule sanguine, vitesse de sédimentation et/ou C-réactive
protéine,
-
bilan électrolytique comprenant calcémie, phosphorémie et kaliémie,
-
enzymes musculaires (CPK),
-
transaminases,
-
TSH,
-
anticorps antinucléaires, sérologie rhumatoïde,
-
sérologies hépatite C, HIV ou de maladie de Lyme selon le
contexte.
Sauf hypothèse diagnostique le justifiant, les
radiographies standard du rachis voire un scanner, une IRM ou un EMG ne relèvent
pas d'une indication systématique. De même, une biopsie musculaire ne doit
être pratiquée que si une maladie musculaire inflammatoire ou métabolique est
suspectée [8]
Diagnostics différentiels
> Fibromyalgie primitive et fibromyalgie secondaire
II faut avant tout opposer fibromyalgie primitive et
fibromyalgie secondaire. En effet [5], un tableau de fibromyalgie répondant aux
critères de classification peut tout à fait coexister avec une polyarthrite
rhumatoïde (12%), un lupus ou une arthrose (7%). Ainsi, porter le diagnostic de
fibromyalgie primitive impose d'être certain de l'absence d'une autre
pathologie sous-jacente qui nécessiterait une prise en charge spécifique.
L'interrogatoire et l'examen physique revêtent ici une importance capitale pour
orienter le diagnostic et les explorations à réaliser.
> Les diagnostics différentiels des formes
primitives
Doivent donc être recherchés
-
un rhumatisme inflammatoire ou une maladie systémique :
contribuent à éliminer un lupus, un syndrome de Gougerot, une polyarthrite
rhumatoïde ou une pseudo-polyarthrite rhizomélique, la recherche de
synovites, d'un syndrome inflammatoire, d'anomalies immunologiques (sérologie
rhumatoïde, anticorps antinucléaires) ou d'une atteinte rénale, et la biopsie
de glandes salivaires accessoires ; la clinique, les radiographies, l'antigène
HLA B27 concourent au diagnostic de spondylarthrite ; une polymyosite ou une
myopathie peuvent être évoquées : toutefois, dans la fibromyalgie, il
n'existe pas de syndrome inflammatoire, le taux de CPK est normal et la biopsie
musculaire est rarement nécessaire au diagnostic différentiel ;
-
une hypothyroïdie, dont le diagnostic repose sur la TSH ;
-
certaines pathologies neurologiques telles que la sclérose en
plaques, la myasthénie ou le syndrome du canal carpien parfois suspectés mais
qu'écarte la normalité des explorations neurologiques et de l'EMG ;
-
une dépression (déjà traitée), ou toute pathologie
psychiatrique avérée.
Syndromes apparentés
> Le syndrome de fatigue chronique
Le syndrome de fatigue chronique [8, 12] se définit par
une fatigue présente depuis plus de 6 mois, responsable d'une réduction de 50%
des activités habituelles et ne s'améliorant que par le sommeil.
Une dépression est associée dans 50% des cas. La psychose
maniaco-dépressive ou la schizophrénie constituent des critères d'exclusion.
Une étiologie virale, souvent proposée, particulièrement l'EBV n'est pas
confirmée dans toutes les études. Le syndrome de fatigue chronique touche
essentiellement les femmes d'âge moyen. Les relations avec la fibromyalgie ne
sont pas éclaircies malgré des symptômes communs tels que les troubles du
sommeil et la dépression.
> Les douleurs myofasciales
Les douleurs myofasciales [12, 13] se définissent par
l'existence de points-gâchette (trigger points) représentés par une zone
précise
localisée dans le corps musculaire, sensible, parfois associée à un cordon
musculaire induré ou un nodule, et dont la palpation déclenche des douleurs
qui peuvent survenir, à distance, dans une zone caractéristique, dite de référence.
L'âge moyen des patients varie entre 30 et 60 ans et le
sexe ratio est de 1. Les douleurs myofasciales partagent avec la fibromyalgie
la possibilité de céphalées de tension, de lombalgies ou de cervicalgies.
Elles s'en distinguent toutefois par la présence des points gâchette et par le
caractère localisé et non généralisé de la douleur. Un traitement par un
anesthésique local s'avère le plus souvent efficace. Certains auteurs pensent
que les douleurs myofasciales représentent un tableau localisé de la
fibromyalgie, touchant le plus souvent la moitié supérieure du corps [14]
Évolution
Dans les études de suivi, les symptômes de fibromyalgie
restent globalement stables chez un patient donné. Bien que 80% des malades
continuent de prendre leurs médicaments, 55% à 66% allèguent des douleurs
persistantes d'intensité modérée ou sévère, sans grande modification au fil
du temps. Certains auteurs [15] rapportent cependant une amélioration des
douleurs malgré une consommation médicamenteuse moindre après quelques années
d'évolution, tout en signalant l'intérêt et l'efficacité d'autres
thérapeutiques
comme la rééducation.
Les facteurs de bon pronostic semblent être un âge jeune
et un bas niveau initial de douleurs. Dix à 30% des patients éprouvent des
difficultés professionnelles liées au syndrome polyalgique diffus.
La fibromyalgie doit être considérée comme une affection
chronique ne mettant pas en jeu le pronostic vital. Il faut insister sur
l'absence de risque de handicap grave, de déformation ou de destruction
ostéoarticulaire.
Les symptômes évoluent le plus souvent depuis 5 à 7 ans lors du diagnostic
de fibromyalgie. Une fois ce dernier porté, le nombre d'hospitalisations et de
recours aux soins diminue. En général, le label « fibromyalgie »,
s'il est bien expliqué et dédramatisé, est plutôt bénéfique et facilite la
prise en charge [16]
Conclusions
Quelle que soit la cause, ou plutôt les causes, de cette
entité douloureuse relevant probablement de multiples facteurs psychologiques,
neurochimiques ou environnementaux, la fibromyalgie est un concept de plus en
plus reconnu, indépendant des autres maladies à l'origine de douleur
chronique. La dépression, souvent associée à la fibromyalgie, semble réactionnelle
à l'altération de la santé et aux douleurs. Les troubles du sommeil font
partie des plaintes majeures au même titre que la douleur, la fatigue et la
fatigabilité à l'effort.
La fibromyalgie n'est pas une maladie de cause bien
identifiée, mais plutôt un syndrome. Le rhumatologue est régulièrement
consulté en première ou en deuxième intention du fait de la symptomatologie,
en particulier des douleurs musculaires et ostéoarticulaires, et du handicap
qui en résulte.
L'incidence et les conséquences, notamment personnelles et
socioprofessionnelles, de la fibromyalgie rendent indispensable une prise en
charge adaptée. Cette dernière passe par la mise en confiance du patient qui
est le plus souvent lassé notamment de l'absence de reconnaissance de la
symptomatologie et déçu par les prises en charges antérieures. Le
rhumatologue doit être la pierre angulaire de la prise en charge idéalement
multidisciplinaire.
Références
- Kahn
MF Le syndrome polyalgique idiopathique diffus Concours Médical 1988 ; 110
1119-22
- Yunus
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n°51 - Tome 6 - septembre 2002 - Réflexions
rhumatologiques 10-13
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Éric THOMAS, Francis BLOTMAN
service de rhumatologie, hôpital Lapeyronie, 34295 Montpellier Cedex 5
résumé
La cause de la fibromyalgie demeure inconnue et son
traitement est donc essentiellement empirique. Parmi les très (trop) nombreuses
modalités thérapeutiques disponibles, il paraît essentiel de toujours
associer les médicaments antidépresseurs sérotoninergiques aux traitements
non médicamenteux alternatifs, comme la relaxation et la kinébalnéothérapie.
mots-clés
Fibromyalgie, thérapeutique antidépresseurs, relaxation,
kinébalnéothérapie
En dépit de très nombreux travaux, l'étiologie de la
fibromyalgie (FM) reste encore inconnue. Le traitement est donc en grande partie
empirique et d'une efficacité relative. Cette brève mise au point concerne la
prise en charge globale de cette affection : médicaments mais aussi autres
mesures thérapeutiques comme la rééducation ou la relaxation et la psychothérapie.
Les médicaments utilisés dans la fibromyalgie
> Les antidépresseurs
Comme la sérotonine a un effet sur le contrôle de la
douleur et le sommeil, il a paru intéressant d'évaluer l'efficacité des
antidépresseurs sérotoninergiques sur la FM.
Le premier essai contrôlé, réalisé en 1986, compare
l'amitriptyline (AMT), à la dose de 10 à 50 mg/j, au placebo [1]. En terme de
douleur et de raideur matinale, la différence entre les 2 modalités thérapeutiques
n'est significative qu'à la 5ème semaine de traitement; en
revanche, l'amélioration observée à la 9ème semaine s'avère
d'amplitude comparable dans les 2 groupes. Une autre étude [2] aboutit à des
conclusions du même ordre après 6 semaines de traitement par AMT
Un essai multicentrique [3] confirme l'efficacité à court
terme (4 semaines) de l'AMT sans montrer d'efficacité supérieure au placebo à
6 mois.
Les patients doivent être avertis des effets secondaires
anticholinergiques qui se manifestent immédiatement, alors que l'effet
antalgique de l'AMT n'apparaît qu'après plusieurs semaines. Les doses
efficaces sont inférieures à celles prescrites pour le traitement de la dépression,
ce qui suggère que l'effet bénéfique de l'AMT sur la FM est, au moins en
partie, indépendant de son action antidépressive.
L'autre groupe de substances sérotoninergiques est représenté
par les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine.
Deux importants essais contrôlés évaluent l'effet de la
fluoxétine et du citalopram. En dépit d'une efficacité significative sur la dépression,
ces 2 molécules n'améliorent pas les autres éléments du syndrome
fibromyalgique. A l'inverse, l'association de la fluoxétine et de
l'amitriptyline paraît avoir un effet additif partiel [6].
Au total, dans cette indication, la tolérance des antidépresseurs
est médiocre et leur efficacité limitée dans le temps.
> Les anti-inflammatoires
L'efficacité des corticoïdes dans la FM ne fait l'objet
que d'un seul essai contrôlé [7]. Dans cette étude en cross over, la
prednisone (15 mg/j) n'est pas plus efficace que le placebo, ce qui souligne
l'absence d'indication des corticoïdes dans le traitement de la FM.
L'intérêt des anti-inflammatoires non stéroïdiens reste
également limité. Le naproxène [8] l'ibuprofène [9] et le tenoxicam [10]
en monothérapie ne différent pas significativement du placebo. En pratique
quotidienne, cette inefficacité des anti-inflammatoires est un critère
diagnostique important au stade de début.
>
Les antalgiques
De façon surprenante pour une affection aussi douloureuse
que la FM, très peu de travaux contrôlés évaluent les antalgiques. Les 2
principaux concernent le tramadol.
Dans un essai multicentrique contrôlé préliminaire [11]
incluant 100 patients, la fréquence de sorties de l'essai pour insuffisance de
l'effet antalgique atteint 57% sous placebo mais ne dépasse pas 27% dans le
groupe tramadol.
Une autre étude [12] conclut à un meilleur contrôle de
la douleur par le tramadol injectable par rapport au placebo, mais à l'absence
de modification significative du nombre de points douloureux à la pression.
> Les sédatifs
Les benzodiazépines ne sont habituellement pas conseillées
dans le traitement de la FM car elles aggravent la désorganisation du sommeil.
De plus, le bromazepam et l'alprazolam, en monothérapie, n'exercent aucun
effet sur la douleur. L'alprazolam pourrait favoriser l'effet antalgique de l'ibuprofène
[13].
Hypnotiques de courte durée d'action, dénués des effets secondaires des benzodiazépines bien que se fixant sur leur récepteur, le
zolpidem et le zopiclone améliorent le sommeil mais ne modifient pas la
symptomatologie douloureuse [14].
> Autres médicaments
La S-adenosylméthionine est un donneur de radicaux méthyl
qui possède une action antalgique, anti-inflammatoire et antidépressive. La
qualité méthodologique de 2 des 3 études publiées est insuffisante et la
troisième conclut à l'absence d'efficacité de ce composé sur la douleur [15]
L'efficacité des décontracturants, régulièrement utilisés
par les patients, n'est pas démontrée dans des essais cliniques.
La calcitonine de saumon (100 UI/j pendant 4 semaines)
n'est pas plus efficace que le placebo [16]
L'hormone de croissance est sécrétée pendant le sommeil
et il existe, au cours de la FM, un déficit en Insulin Growth Factor (IGF).
L'injection quotidienne d'hormone de croissance pendant 9 mois améliore le
sommeil et les scores de douleur chez les femmes fibromyalgiques [17]. Ce
traitement est toutefois coûteux, nécessite des injections sous-cutanées
quotidiennes et peut donner des effets secondaires gênants (syndrome du canal
carpien).
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Zolpidem (H)
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Stilnox®
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Zopiclone (H)
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Imovane®
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Amitriptyline
(TRI)
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Laroxyl®
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Citalopram (ISRS)
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Séropram®
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Fluoxétine (ISRS)
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Prozac®
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Paroxétine (ISRS)
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Déroxat®
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Tianeptine (A)
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Stablon®
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Miansérine
(A)
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Athymil®
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Tableau 1 :
Correspondances DCI, nom commercial de certains médicaments utilisés dans la
fibromyalgie (H : Hypnotiques ; TRI : Antidépresseur tricyclique ; ISRS :
Inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine; A : Antidépresseur non
tricyclique et non ISRS).
|
Traitements non pharmacologiques
L'absence constante de contrôle durable de tous les symptômes
de la FM par les traitements médicamenteux conduit à proposer de nombreux
traitements alternatifs.
> Massages et physiothérapie
L'état de contracture musculaire permanente et diffuse
fait partie du tableau clinique de la FM. Les massages sont régulièrement
efficaces mais doivent être réalisés par des kinésithérapeutes habitués à
traiter ces malades pour éviter, a contrario, une recrudescente douloureuse
par des manœuvres intempestives. Chez les patients poursuivant des traitements
alternatifs, ce sont les massages doux et correctement appliqués qui donnent
les meilleurs résultats [18]. Les techniques d'étirement (stretching, Mézières)
sont largement utilisées en pratique.
Les modalités de la physiothérapie doivent être adaptées
à la demande et aux besoins des patients. Certains sont soulagés par les
applications de chaleur alors que d'autres préfèrent la cryothérapie.
> Balnéothérapie
La chaleur et l'effet portant de l'eau sont souvent très
appréciés des patients atteints de FM.
A raison de 10 séances de 20 minutes réparties sur une
durée de 2 semaines, la balnéothérapie en eau chaude exerce un effet
bénéfique
sur la douleur globale et le seuil de douleur à la pression des points
d'insertion tendineuse ; cet effet persiste jusqu'à 6 semaines après l'arrêt
du programme [19]
> Programmes de reprogrammation neuromusculaire et
cardiovasculaire
La douleur chronique entraîne une diminution progressive
des activités physiques responsable d'une désadaptation neuromusculaire et
cardiovasculaire qui réduit d'autant plus les capacités physiques de ces
patients, le plus petit effort devenant source de fatigue et de douleur.
Des programmes de gymnastique aérobic, régulièrement réalisés
3 fois par semaine, permettent une diminution de la douleur globale et du nombre
de points douloureux. Le bénéfice de ces programmes apparaît toutefois limité
dans le temps [20].
> Relaxation
Quelle que soit la technique utilisée, l'effet bénéfique
de la relaxation est lié à son action sur les différentes composantes
associées à la FM (hyper-réactivité au stress, anxiété, troubles du
sommeil).
La méthode la plus utilisée est le training autogène de
Schultz, mais les techniques sophrologiques donnent également de bons résultats
dans les formes résistantes.
Une étude contrôlée [21] sur 12 FM évalue à 50% le
pourcentage de bons résultats après 6 mois de biofeedback auditif (sons
pulsés
proportionnels à l'état de tension des muscles du scalp évalué par des électrodes
de surface).
> Acupuncture
Une étude [22] d'une durée de 3 semaines et utilisant une
technique d'électro-acupuncture conclut à un effet positif de cette
technique sur 5 (seuil douloureux des points d'insertion, douleur rapportée
par le patient, raideur matinale, satisfaction du médecin et du malade) des 8
items évalués, aboutissant à un soulagement complet de près de 25% des
patients. Les critiques de ce travail portent sur l'utilisation de l'électro-acupuncture,
et non de l'acupuncture traditionnelle et sur la localisation des points placebo
situés à seulement 2 centimètres des vrais points.
Conclusions
La multiplicité des traitements essayés dans la
fibromyalgie traduit la relative inefficacité de chacun d'eux. L'approche thérapeutique
la plus logique est l'association d'un antidépresseur sérotoninergique et de
traitements non médicamenteux alternatifs. Notre préférence va à
l'association relaxation et kinébalnéothérapie.
Les associations de malades jouent un important rôle de
soutien et de mobilisation de l'opinion générale pour la reconnaissance de
l'affection [23] La compréhension de l'entourage familial et professionnel
peut permettre à ces patientes de garder, dans certains cas, une insertion
sociale correcte.
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n°51 - Tome 6 - septembre 2002 - Réflexions
rhumatologiques 14-6
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