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Syndromes fibromyalgiques


Rowbotham M. ‘Is fibromyalgia a neuropathic pain syndrome?’ J Rheumatol 2005;32:S38-40.

Ne l’appelez plus jamais fibromyalgie !

Date de création : 19 août 2005

Si de nombreuses voix se sont élevées à une certaine époque pour faire du syndrome fibromyalgique une douleur neuropathique (notamment du fait de sa chronicisation), cette classification paraît inopportune. Rappelons que le diagnostic de l’affection est uniquement clinique et basé sur la présence actuelle ou passée de multiples zones douloureuses à la pression.

D’une part, aucune atteinte du système nerveux périphérique ou central n’a jamais pu être mise en évidence chez ces malades. D’autre part, contrairement à la plupart des affections neuropathiques, on n’observe dans le syndrome fibromyalgique aucun risque particulier de souffrir également de pathologies du système nerveux central tels que la sclérose en plaques ou de neuropathies périphériques. Enfin, une large proportion de patients ayant un syndrome fibromyalgique présentent des symptômes associés aspécifiques : fatigue chronique, troubles du sommeil, irritabilité vésicale ou syndrome du côlon irritable.

Pas de quoi en faire une douleur neuropathique, selon Michael Rowbotham (Centre de la Douleur à l’Université de Californie à San Francisco) qui signe cet article dans le Journal of Rheumatology. Pour « prétendre » à cette classification, il faudrait de plus présenter soit une affection neurologique démontrée, soit une dysfonction du système nerveux. Et on est loin du compte avec le syndrome fibromyalgique qui devrait plutôt être appelé selon l’auteur « syndromes fibromyalgiques et maladies apparentées » au sein desquels il semble établi que les symptômes douloureux puissent être parfois liés à des anomalies de transcription des différents neuromédiateurs, associés ou non à des déficits génétiques (au sens large) qui conduisent à une diminution de l’inhibition des facteurs nociceptifs. On se trouverait devant une « boucle de la douleur » avec augmentation de la sensibilité aux stimuli douloureux et risque de développer des états douloureux permanents après un stimulus périphérique (traumatisme articulaire ou musculaire) ou central (psychologique ou émotionnel) même léger.

Pas de quoi en faire une affection univoque cependant.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

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Page mise à jour le 16/07/2006